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Retour sur la première édition du Collective Impact

Publié le ven 17/05/2019 - 15:34
L’entreprise et le monde de demain au cœur du Collective Impact 2019 !
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Collective Impact 2019 aux Docks de Paris

Les entreprises et le monde de l’ESS se sont retrouvés le 18 avril dernier aux Docks de Paris, une journée ouverte aux professionnels de l’innovation sociale. Une prise de conscience émerge peu à peu : l’entreprise a un vrai rôle à jouer dans la société et est un véritable levier d’action pour l’intérêt général.

L’objectif de cette journée : privilégier des temps de rencontre et de co-construction avec l’ensemble des acteurs investis dans l’innovation sociale.

En ouverture de cette journée, Jean-Paul BAILLY, Président du réseau Les entreprises pour La Cité a rappelé : « L’entreprise a un rôle central pour le développement économique et social de la société. Les entreprises et les acteurs de l’ESS doivent se rapprocher pour créer des alliances vertueuses pour le monde de demain ».

Nathan STERN, ingénieur social qui a élaboré de nombreux outils (Peuplade, Voisin-Age, Social Good Factory) pour favoriser un meilleur lien social grâce aux réseaux numériques, a lancé la matinée consacrée au travail de demain, et lors d’un keynote, est revenu sur le concept d'engagement et sur sa vision de l'innovation sociale où l’empathie doit être la valeur suprême.

 
Table ronde - Portrait robot de l'entreprise du futur.
 

A quoi ressemblera l’entreprise du futur ? Comment gérer les espaces de travail, ? Quelle est la place pour la responsabilité sociale ? Des questions auxquelles les intervenant(e)s de la table ronde qui a suivie et qui était animée par Ariane GOLDET ont essayé de répondre :

Sandrine BRANDT, Directrice Talents & engagements d’Harmonie Mutuelle, a pris la parole pour décrire les innovations mises en place : « Nous souhaitons travailler sur le lâcher prise et l’autonomie accordée aux salariés. Nous avons repéré les collaborateurs les plus volontaires afin de les mettre en lien avec les autres et leur permettre d’aller de l’avant. Avant de vouloir augmenter la confiance de ses clients, il faut augmenter celle de ses salariés ».

Table ronde

Lise LEMONNIER, Directrice Communication de Bayer France a de son côté précisé : « Chez Bayer France, nous avons repensé les espaces de travail et les collaborateurs peuvent choisir leur lieu de travail comme ils le souhaitent. Une formation est dispensée aux managers pour repérer les signaux négatifs qui pourraient avoir des conséquences sur le collectif de travail ».

Pour Elisabeth PELEGRIN-GENEL, architecte et consultante : « On doit se demander aujourd’hui quelle confiance et quelle intimité collective on veut instaurer à travers les nouveaux espaces de travail. Comment nous voulons être vus et exposés aux autres car ces nouvelles façons de travailler n’ont rien d’adapté au travail collaboratif. Avant de parler bien-être au travail il faut parler aussi de mal être. Il faut construire l’intimité collective avant de travailler ensemble ».

« La mise en place d’une politique RSE est encore hélas liée à la performance de l’entreprise » alerte Daniele LINHART, sociologue. « Le danger est d’aller chercher le bonheur de ses collaborateurs au détriment des compétences. La capacité du management et de l’entreprise à réinventer le travail a des limites car la réalité économique et la recherche de profits imposent encore aux entreprises des contraintes ».

Thibaut des ARCIS, consultant chez SBT Human(s) Matter a conclu en apportant son témoignage sur les attentes des jeunes collaborateurs. Pour ce dernier « L’entreprise du futur existe déjà mais des efforts restent à faire. Il faut laisser plus de place à l’initiative et au développement de compétences ; d’où l’importance de développer une politique de mobilité active. L’entreprise doit encourager les initiatives et mettre les juniors au contact des clients finaux ».

En conclusion, l’autonomie et la collaboration sont actuellement en train de bousculer le monde du travail qui reste malgré tout encore marqué par la subordination.

 

World caféA l’issu de la table ronde, un world café (atelier d’intelligence collective) avec l’ensemble des participants a permis de réfléchir sur les questions de la diversité en entreprise source de richesse, sur les nouvelles organisations de travail et les nouvelles formes de management, sur l’engagement des collaborateurs.trices de l’entreprise, sur les talents de demain et les compétences que l’intelligence artificielle n’aura pas et enfin sur le profil du manager de demain.

 

 

 

 

L'après-midi, sous le thème du Monde de demain, a démarré avec une intervention de Christophe ITIER, Haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire : « Il faut passer du Less Bad au Doing Good. Nous avons un devoir d’urgence et devons accélérer pour répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et territoriaux avec l’ensemble des entrepreneurs engagés ».

 

Stéphane ROUSSEL, administrateur du réseau Les entreprises pour la Cité, PDG de Gameloft et Président du Directoire de Vivendi a ensuite pris le relais pour rappeler que désormais pour recruter, la rémunération ne suffit plus, mais l’accent doit être désormais mis sur la recherche de valeurs.

 

KeynoteLors du keynote de l’après-midi, Alexandre MARS, Président-Fondateur d’Epic, a souligné que nous ne sommes plus dans la génération de l’avoir mais dans celle de l’être et du partage, que nous pouvons changer le monde à condition que le don devienne la norme.

 
 
 
 
 
 
Table ronde - Qu’est-ce qui nous unit ?
 

Quel est le rôle de l’entreprise dans la transition écologique et la mobilité ? Quelles sont les solutions pour renforcer notre lien social ? Quelle place pour la quête de sens et l’engagement dans le monde de demain ? ont été les questions abordées lors de la table ronde de l’après-midi animée par Cynthia ILLOUZ.

Le début de la table ronde a été consacré aux défis et paradoxes de la transition écologique et à l’évolution de la société sur la question de la mobilité.

Julien VILLERET, Directeur de la Communication du groupe EDF a rappelé « Il y a beaucoup d’enjeux en ce moment et beaucoup d’attentes sur la transition écologique. Chez EDF, notre ambition dans ce domaine est forte mais nous devons faire face à des contraintes administratives importantes . Pour rappel, il faut 7 ans pour construire une éolienne ».

Table rondeCaroline PAROT, Présidente du Directoire d’Europcar Mobility Group a ensuite pris la parole sur la thématique de la mobilité, enjeu croisé avec la transition écologique : « La population mondiale se densifie de façon exponentielle et la problématique qui se pose est de savoir comment transporter dans ces écosystèmes denses la population. On se retrouve face à des problèmes d’investissements importants avec des états qui ne peuvent plus sur investir dans des infrastructures vieillissantes. Il y a une vraie conscience collective autour de l’économie du partage. Les habitudes sont tenaces et nous n’avons pas encore résolu les problématiques de territoires. Il va falloir que les puissances publiques participent pour faire émerger des solutions et arrêter l’anarchie de solutions alternatives ».

Olivier RAZEMON, journaliste spécialiste des questions de mobilité et de transport, a rappelé de son côté: « L’auto partage c’est bien mais pas assez. Beaucoup de nouveaux acteurs arrivent comme les trottinettes électriques. Pour 2 ou 3 km c’est mieux qu’un UBER, mais les questions sont nombreuses et on doit se demander qui les apporte et qui les ramène ? Des camionnettes utilisant du diesel ? Il faut se poser la question de la mobilité dans son ensemble. Je souhaiterais citer l’exemple vertueux des villes italiennes qui font des zones à trafic limité, en fonction de l’usage (riverains, taxis, véhicules de livraison autorisés à circuler en ville) les autres ont des parkings à leur disposition autour des villes plus ou moins gratuits. On organise l’espace en fonction de l’usage ».

 

Pierre PAGEOT, Directeur de la transition écologique du Groupe SOS a ajouté :« L’urgence sociale est devenue une urgence environnementale. D’après une étude de l’ONU, en 2050, il y aura 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde. Il faut agir sur ces deux sujets. Il faut changer nos modes de production en commençant par l’agriculture qui est la principale cause de réchauffement climatique ».

 

Emery JACQUILLAT, Président Directeur Général de La Camif Matelson a souligné le rôle essentiel de l’entreprise dans ces enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux :« L’entreprise est le plus puissant moyen dont on dispose. Elle peut être contributrice sur ces enjeux et les attentes des consommateurs et des collaborateurs sont importantes. On peut œuvrer pour une société plus juste, locale et durable. La loi PACTE est un message adressé à toutes les entreprises. Entreprises, saisissez-vous de ces enjeux et repensez votre place dans la société, sinon les talents ne viendront plus chez vous. Dotez-vous d’une raison d’être ! ».

Sybille LE MAIRE, Directrice Déléguée en charge de la diversification du Groupe Bayard a quant à elle rappelé que si, sur tous ces sujets et enjeux, il est de coutume de penser au rôle que peuvent jouer les millénials, il ne faut pas oublier celui des seniors : « On est aujourd’hui dans une révolution démographique qui n’a pas encore été prise en compte dans les entreprises et dans notre société. En 2035, 50 % de la population mondiale aura plus de 50 ans, ce qui va entraîner de véritables enjeux économiques et sociétaux, des enjeux de mobilité, de santé. En Europe du Nord et aux Etats–Unis, la croissance vient de la prise en compte des seniors. Nous devons donc repenser le rôle de ces derniers qui sont de véritables contributeurs ».

En conclusion, les entreprises doivent continuer d'accompagner l'Etat dans les enjeux de mobilité et de transition écologique qu'il ne peut assumer seul financièrement. Pour répondre à ces enjeux, l'entreprise devra repenser le rôle des seniors, grands contributeurs de demain.

World caféComme pour la table ronde de la matinée, celle de l’après-midi fut suivie par un travail de co-construction avec les participants autour des questions sur le monde de demain et chaque participant a été invité à donner ses réponses sur les questions comme :

Comment redynamiser les territoires fragiles ? Comment nous déplacer demain ? Quelle planète laisserons nous à nos enfants et quels enfants laisserons nous à la planète ? L’intelligence artificielle prendra-t-elle le pouvoir demain ?

 

 

 

Philippe de GIBON, Membre du conseil d’administration du réseau Les entreprises pour la Cité et PDG de Convers Télémarketing et Antonella CELLOT-DESNEUX, Déléguée Générale du réseau LepC ont conclu cette journée suivis d'un showcase de PIHPOH, artiste lauréat de l'opération Musiciens dans le Métro de la RATP.

Retrouvez en images les temps forts de cette journée starter aux Docks de Paris.

Nous vous donnons dores et déjà rendez-vous l'année prochaine pour la deuxième édition du Collective Impact.

Vous souhaitez vous engager à nos côtés ? Contactez Nathalie DUCONGE - nathalie.duconge@reseau-lepc.fr - afin de pouvoir échanger sur les différentes formes de partenariat.