Interview d'Emery JACQUILLAT, PDG de La Camif-Matelson

Emery Jacquillat

Quelles sont les raisons et motivations pour lesquelles vous avez choisi de rejoindre le réseau LepC en tant qu'administrateur ? 
J’ai adopté pour La Camif le statut d’entreprise à mission en 2009 bien avant qu’il ne soit inscrit dans le projet de loi Pacte, ce nouveau statut qui associe la recherche de performance économique à une finalité d’intérêt général, parce que je crois qu’il est important de repenser la place des entreprises dans la Cité.
C’est au titre de la pédagogie à faire sur l’entreprise contributrice des enjeux sociaux et environnementaux, vraie valeur pour la Cité, que j’ai souhaité rejoindre le réseau Les entreprises pour la Cité.
Dans ce temps particulier de crise, de bascule entre ancien et nouveau, sur le chemin de progrès que les entreprises ont à mener, et que l’Etat n’arrive pas à faire, ni les Cop, diffuser le modèle de l’entreprise à mission et du nouveau capitalisme contributif est clé pour convaincre et mobiliser toutes les parties prenantes : les fournisseurs, les collaborateurs, les consommateurs, les citoyens et  les meilleurs talents  qui nous accompagneront demain !
Ce sont les consommateurs qui sont en capacité  de refuser d’acheter les produits, de faire le choix d’une fabrication locale et durable. Aujourd’hui les mentalités évoluent et cela semble moins une question de génération qu’une question d’état d’esprit.
Faire évoluer la raison d’être de l’entreprise pour engager les actionnaires au-delà du chiffre d’affaires, faire évoluer la gouvernance, sont au cœur des enjeux de l’entreprise à mission, ce qui engendre un changement de posture, notamment des actionnaires et des dirigeants. Opter  pour le parti-pris stratégique de boycoter le Black Friday pour La Camif en novembre dernier parce que nous nous inscrivons dans une production locale et durable, n’aurait pas été possible sans l’évolution de la raison d’être de l’entreprise et de celle des actionnaires.
En parallèle, la Camif – également certifiée B Corp a été force de proposition dans ses relations avec ses parties prenantes. Pour les collaborateurs des initiatives comme les indemnités kilométriques vélo ont été développées et au-delà  le Challenge mobilité durable dans l’entreprise : ce challenge permet à chacun pendant quinze jours de changer de mode de transport, et engendre des comportements modifiés dans la durée.

 
 

Sur quels champs accompagnerez-vous plus spécifiquement le réseau LEPC ?
Accompagner le réseau LepC, c’est partager mon expérience sur l’entreprise à mission, témoigner du fait que l’entreprise est le levier le plus puissant de transformation de la société ! C’est également pouvoir échanger entre pairs, comme avec Hubert de Boisredon PDG d’Armor- C’est rendre visibles les impacts positifs, donner envie, libérer les énergies sur les champs d’innovation sociale que promeut le réseau Les Entreprises pour la Cité.